Le sucre : ni ennemi, ni interdit
On le dit « addictif », « poison », « à bannir ». Et si c’était justement l’interdit qui rendait le sucre si obsédant ?
Le sucre a mauvaise réputation. Dans les magazines comme sur les réseaux sociaux, on le présente comme l’ennemi numéro un de la ligne et de la santé. Résultat : beaucoup de personnes ont développé avec lui une relation compliquée, faite d’envies irrépressibles, d’interdits, de « craquages » et de culpabilité.
Pourtant, le sucre n’est ni un criminel ni un poison. C’est un aliment, qui peut avoir toute sa place dans une alimentation équilibrée… à condition de ne pas en faire un fruit défendu.
Pourquoi l’interdit rend le sucre obsédant
Essayez de ne pas penser à un éléphant rose : impossible, n’est-ce pas ? Avec le sucre, c’est la même chose. Dès qu’un aliment est interdit, il prend une place démesurée dans nos pensées. On y pense, on résiste… jusqu’au moment où l’on « craque ». Et comme l’occasion semble exceptionnelle, on en mange beaucoup plus que ce dont on avait envie, vite, sans vraiment le savourer.
Viennent ensuite la culpabilité, puis la promesse de « faire attention » dès demain. Ce cercle restriction, craquage, culpabilité est bien connu de toutes celles et ceux qui ont fait des régimes. Ce n’est pas un manque de volonté : c’est la réaction normale d’un corps et d’un esprit privés de quelque chose.
Le sucre, une question de plaisir… et de faim
Notre attirance pour le goût sucré est naturelle : elle est présente dès la naissance. Le sucre apporte de l’énergie et du plaisir, et le plaisir fait partie d’une alimentation équilibrée.
La vraie question n’est donc pas « ai-je le droit de manger du sucre ? », mais plutôt « pourquoi en ai-je envie maintenant ? ». Est-ce que j’ai faim ? Est-ce que j’ai simplement envie de me faire plaisir ? Ou est-ce que je cherche à me consoler, à me détendre, à combler un vide ? Selon la réponse, la façon d’y répondre ne sera pas la même.
Retrouver une relation apaisée avec le sucré
Autorisez-vous à en manger. Savoir qu’un aliment n’est plus interdit lui fait perdre une grande partie de son pouvoir.
Savourez. Prenez le temps de goûter vraiment votre carré de chocolat ou votre pâtisserie, sans écran. Vous remarquerez souvent que le plaisir est le plus intense dans les premières bouchées.
Écoutez votre faim. Un aliment sucré mangé seul, en dehors des repas, cale généralement peu de temps. Pris à la fin d’un repas ou au goûter, quand vous avez faim, il vous satisfera davantage.
Méfiez-vous des fausses solutions. Les produits « light », « allégés » ou « zéro » ne règlent pas le problème : ils entretiennent l’idée qu’il faudrait contrôler, compter, se méfier. Mieux vaut un vrai dessert savouré qu’un substitut qui laisse sur sa faim.
Retrouver une relation sereine avec le sucre, ce n’est pas le bannir : c’est apprendre à en manger quand on en a envie, avec plaisir et sans culpabilité. Et lorsque les envies de sucré sont surtout liées aux émotions, c’est de ces émotions qu’il faut prendre soin. C’est tout le travail que je propose en consultation.
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